Rappel et réchappes
A Le rappel
Historique
Le rappel est l’action de descendre le long d’une corde en double et de la rappeler (d’où son nom) pour poursuivre la descente. Le premier rappel connu semble être le fait Jean Charlet –Straton lors de la descente des Drus en 1877. Pendant la première moitié du XX° siècle, le rappel s’est fait avec la corde autour du corps (rappel en S).
Puis avec la généralisation du baudrier, le mousqueton est venu suppléer le freinage sur le corps.
Et enfin différents freins ont vu le jour dont l’un des premiers fut celui de Pierre Alain.
Dangers
La descente a toujours été une cause d’accidents (les cordées Whymper , Croz au Cervin en 1865) la descente en rappel n’échappe pas à cette accidentologie. Fatigue, relâchement et manque de vigilance en sont les principales causes mais aussi chute de pierres, rupture d’ancrage et erreurs techniques. N’improvisez pas ! Entraînez vous avec des personnes compétentes et prés du sol.
Procédure habituelle
Contrôler l’état du relais (ou en installer un).
S’autoassurer avec une vache.
Installer la corde sur le relais et la lancer.
Installer l’autobloquant sur le baudrier.
Puis le frein.
Tendre tout le système.
Contrôler avant de se dévacher :
-Est ce que la corde est bien placée dans l’ancrage et bien nouée ?
-Est ce que la corde passe bien dans le frein et celui ci est bien fixer sur la vache ?
-Est ce que le nœud autobloquant est bien fait et correctement fixer sur le pontet ?
-Est ce que la corde est suffisamment longue ?
Se dévacher et entamer la descente.
Arrivé au relais suivant, se vacher, puis défaire le frein et l’autoassurage et crier « rappel libre » pour que le suivant puisse descendre.
Rappeler la corde.
A l’arrivée du dernier rappel s’écarter latéralement pour éviter les chutes de pierres. 
Quels autobloquants ?
Un des premiers nœuds utilisés.
Avantages : simple à réaliser, bidirectionnel.
Inconvénients : très difficile à débloquer, il est maintenant quasiment plus utilisé.
Avantages : très efficace, tient tout seul sur la corde.
Inconvénients : unidirectionnel, difficile à débloquer quand il est serré.
Le Machard
Avantages : bidirectionnel, imperdable, efficace, peut être fait avec une seule mains se débloque facilement.
Inconvénients : il faut trouver le bon réglage (nombre de tours /diamètre de la corde).
Avantages : très efficace, se débloque facilement, peut se faire avec une sangle.
Inconvénients : il faut une cordelette plus longue, unidirectionnel, il faut une confection soignée pour le réaliser.
Attention la dénomination des nœuds Machard et français à changer au cours du temps, c’était l’inverse avant !!!
Le shunt
Autobloquant mécanique qui bloque et se débloque facilement mais qui est lourd et cher à utiliser sur cordes de diamètre identique!
Autobloquants au dessus ou en dessous du frein ?
Autobloquant au dessus
Avantages : simplifie une remontée sur corde, le frein prés du baudrier à moins tendance à se bloquer lors de passage de surplombs.
Inconvénients : l’autobloquant se bloque trop souvent, les deux mains sont constamment utilisées, peu confortable et fatigant.
Autobloquant en dessous
Avantages : descente confortable, les deux mains sous le frein, l’autobloquant reste efficace tout en se débloquant facilement.
Inconvénients : s’il faut remonter sur la corde, la manœuvre est plus complexe (nécessité de placer une seconde cordelette au dessus du frein), le frein peut se bloquer lors d’un passage de surplomb.
L’autobloquant en dessous est nettement plus pratique et confortable dans 90% des cas (combien de fois avez vous remonté sur votre rappel ? ).
Certains comme les anglais utilisent l’autobloquant fixé sur une cuisse du baudrier ( je ne l’ai pas testé !)
Nœud en bout de corde ?
Faire des nœuds en bout de corde est une précaution qui peut entraîner de gros problèmes ; en effet la corde peut se coincer plus facilement surtout en cas de vent à l’horizontale, dans les arbustes, derrière un écaille ou dans une fissure sous le relais suivant. Afin d’éviter que le remède devienne pire que le mal on ne nouera l’extrémité des cordes que dans les cas suivants.
Rappel dont on ne connaît pas la longueur.
Rappel avec visibilité réduite (pluie, orage, brouillard ,de nuit) qui peut vous faire rater le relais ou pire vous masquer le bout de la corde.
Pas d’autoassurage !!!
Cordes de longueur ou de diamètre différents.
Enchaîner des rappels
Lors d’une succession de rappels, il est bon de prendre quelques précautions pour votre sécurité et pour perdre le moins de temps possible.
Rappels « hors normes » !
Assurer du haut
Si vous avez un débutant avec vous, on peut le faire descendre en rappel sur une corde et l’assurer avec la deuxième corde.
Assurer du bas
C’est à dire tenir les deux cordes de rappel en bas et tirer dessus pour bloquer. Cette technique comporte de graves inconvénients. Celui qui assure doit être en permanence vigilant pour agir rapidement car en cas de prise de vitesse il est impossible d’arrêter le grimpeur, de plus sur des rappels de grandes longueurs le système fonctionne très mal à cause de la trop grande élasticité de la corde. Si la personne qui descend fixe son frein sur un porte matériel au lieu du pontet c’est la catastrophe (expérience vécue). Ne réserver cette technique que sur des courts rappels et si le grimpeur confirmé n’a pas d’autoassurage ou en cas de grimpeur blessé.
Avec un demi cabestan.
En cas de perte de son descendeur on peut toujours le remplacer par un demi cabestan mais il faut pour cela un mousqueton HMS (grande ouverture) et faire attention que la corde n‘appuie pas sur la virole du mousqueton. Le principal inconvénient est que le demi cabestan vrille les cordes.
Autre système avec 3 mousquetons à vis (méthode bicéphale), mais il faut rester en permanence en tension pour que les mousquetons ne se mettent pas de travers
Surplombant ou en traversée
Mousquetonnez les deux cordes dans les points intermédiaires.
Dans les surplombs repousser vous et penduler énergiquement.
Dans les traversées, descendre verticalement jusqu’à hauteur du relais puis soit grimper jusqu’au relais, soit penduler de gauche à droite.
Lorsque le premier est arrivé, il fixe les deux cordes (pas tendues) au relais. Le deuxième récupère les éventuelles dégaines et à la fin on le fait venir en tirant sur la corde.
Sur un brin
Cette technique permet de descendre en rappel avec un gri-gri.
Beal vient de sortir « L’ESCAPER » qui permet de descendre sur un seul brin et de récupérer la corde
Mais attention si la corde se bloque quand elle tombe on est coincé!!!
Elle permet aussi de descendre sur une corde donc une partie a été abîmée ou coupée, pour cela ont fait un nœud simple à l’endroit coupé. On peut aussi utiliser une cordelette pour rappeler la corde.
Sur corde tendue
Pour aller rejoindre une personne bloqué sur son rappel.
En S
Permet de franchir une courte barre rocheuse en randonnée si vous n’avez qu’une corde.
Sous les bras
Permet à ski de descendre une pente plus raide ou verglacée.
Rappel à deux.
Pour gagner du temps si les grimpeurs sont trois ou plus et si le relais est solide. Je bloque le rappel avec un nœud fixé sur un des amarrages. Mes coéquipiers peuvent descendre chacun sur un brin du rappel. Quand ils sont arrivés au relais suivant je retire le nœud en huit et je descend sur le rappel redevenu classique. Attention sur corde simple il y a moins de freinage et l’on doit faire plus de tours avec l’auto bloquant.
Questions diverses
100m ou 2 fois 50m ?
A l’heure actuelle les rappels font maximum 50m dans 99% des cas et la plupart des grimpeurs utilisent 2 brins de 50m reliés par un nœud de vache. Ce système présente de nombreux avantage par rapport à une corde de rappel d’un seul brin de 100m. Le portage peut se répartir entre les grimpeurs, moins de nœuds quand on délove la corde, quand le rappel fait 25m ou moins on utilise qu’un brin (intéressant dans les courses d’arête où il y a des petits rappels, on reste toujours encordé sur un brin pendant les rappels). Comme inconvénients je n’en vois que deux, très peu pratique pour faire des moulinettes ( mais ce n’est pas le rôle d’une corde à double : trop d’élasticité et usure rapide) et il faut faire attention au placement du nœud au départ du rappel pour qu’il ne se bloque pas dans une fissure.
Huit imperdable
Évite de perdre le frein pendant son installation.
Huit et tête d’alouette
Un des inconvénients du huit avec le fait qu’il vrille les cordes.
Pour augmenter le freinage
Quand on a une corde très fine ou neuve sur certains appareils on peut inverser le sens.
Ou mieux rajouter un deuxième mousqueton.
Attention aux cheveux longs, écharpe qui peuvent se prendre dans le descendeur!
Faites le bon nœud pour relier les deux cordes.
Placer bien la corde que vous devez tirer et repérer le brin à tirer (le dernier grimpeur quand il descend peut mettre un mousqueton sur la corde à tirer).
Plier la corde « en oreille de cocker » en deux écheveaux lancer l’écheveau le plus prés du relais puis le suivant, refaire la même chose avec la deuxième corde.
Par grand vent vous pouvez faire descendre les cordes lestées par un sac ou un jeu de dégaines si la paroi est verticale et lisse ou en délovant la corde au fur et à mesure de la descente.
Dévriller bien les deux brins de corde.
Avant que le dernier grimpeur ne descende, le compagnon fait un essai du bas pour vérifier que la corde coulisse bien.
Avant de tirer le rappel, ne pas oublier de retirer le nœud en bout de rappel si vous l’avez installer !
Tirer la corde régulièrement et doucement en ayant pris soin de l’avoir démêlée. Ne pas oublier de crier « CORDE ».
Rappel coincé
Si vous n’arrivez pas à tirer le rappel, ne commencer pas par tirer fort mais faites des ondulations avec la corde, puis seulement après tirer, pas trop fort car vous risquez d’endommager la gaine ( être vacher et faire attention si le rappel se débloque il y a de forte chance de chute de pierres ). Si malgré tout le rappel reste bloquer, il ne vous reste plus qu’à remonter sur les deux cordes avec 2 autobloquants.
Situation moins agréable, vous avez tiré le rappel mais une corde s’est bloquée, remontez en escalade avec l’autre brin si vous êtes dans une voie (bien sûr ne pas remonter avec des autobloquants sur une seule corde elle pourrait se décrocher inopinément !!! ).
Dernière situation : le rappel est bloqué et vous ne pouvez pas remonter dessus. Deux solutions : appeler les secours ou couper la corde et tirer des petits rappels avec le morceau restant.
rappel en ta (arbre , rocher, lunule ).
Panoplie du parfait « rappeleur »
Baudrier + Vache + 3 mousquetons à vis ou automatiques + 2 cordelettes
+ 1 casque + 1 frein + un couteau (pour couper les vieilles sangles au relais ou un machard irrémédiablement bloqué) + une paire de gants en cuir (si vous avez de longs rappels en fil d’araignées )
En terrain d’aventure en plus : 5m cordelette de 7 mm + sangles pour faire ou renforcé un relais.
Bibliographie :
Voir celle sur les relais.
Vidéo de l’ENSA qui fait un récapitulatif d’une descente en rappel
B Les réchappes
Qu’est ce qu’une réchappe, c’est une manœuvre qui permet de redescendre en relative sécurité en cas d’échec dans une voie en laissant aucun ou le moins de matériel possible.
Avant de parler de réchappe, quelques notions de physique s’imposent. Si vous vous faites bloquer sur un point d’ancrage, la force qui s’exerce sur ce point est le double de votre poids c’est l’effet poulie.
Si par contre vous vous vachez sur ce point la force n’est égale qu’à votre poids.
. http://www.emhm.terre.defense.gouv.fr/spip.php?article1025
Première conséquence, sur un point douteux, vachez vous au lieu de vous faire bloquer.
Mais il semblerait d’après Peztl que cela ne soit pas vrai en mouvement quand on descend.
.
Deux cas se présentent :
1 Vous êtes bloqué sur un point « béton ».
Si c’est un broche vous pouvez vous faire mouliner directement dessus (en vérifiant qu’il n’y ait pas d’aspérités dessus : colle , ébarbure …)
Si c’est un plaquette , deux solutions :
Soit vous laissez un maillon rapide et vous vous faites mouliner.
Soit vous laissez une cordelette et vous tirez un rappel dessus.
Attention Ne jamais se faire mouliner directement sur une sangle ou une cordelette (brulure et rupture quasi immédiate).
2 Vous êtes sur un point douteux.
Vous le doublez et vous tirez un rappel dessus.
Vous desescaladez jusqu’au point suivant et vous tirez un rappel sur ces 2 points.
Vous vous faites mouliner sur les deux derniers points (il faudra bien sûr laisser du matériel : maillons ou mousquetons). 
Vous tirez un rappel autoassuré sur ce point en vous faisant léger (pas d’à coup ).
Dans tous les cas, votre assureur ne retire pas la corde de son frein car si le point lâche, le point suivant peut vous arrêter si la corde est bloquée par l’assureur.
A consulter pour les notions de physique la vidéo de EMHM




























Super je vous adore comment faire un stage chez vous?
Bonjour
les seuls stages que l’on organise sont pour les membres d’Escal’roc qui grimpent régulièrement avec les cadres du club.Nous ne sommes pas des prestataires de services mais un club de bénévoles
Cordialement
Patrick Garnier le président.
Bonjour,
Pouvez vous me préciser le nom du livre d’où sont tirés les scans « comment descendre sur un rappel en tension » et « comment faire un rappel sur une corde abimée » svp ?
Bonjour
Il s’agit du memento montagne été publié par l’UIAA à commander au Club Alpin Français édition 2013.
Cordialement
Patrick