Le relais
Le relais en escalade est l’endroit où le grimpeur s’arrête soit pour redescendre quand c’est une voie d’une longueur soit pour faire monter son coéquipier. Le relais doit être inarrachable dans toutes les directions car la cordée à un moment donné n’est attachée à la paroi que par celui ci. Il faut donc que le relais soit constitué d’au moins 2 points d’ancrage reliés entre eux pour palier la défaillance d’un point d’ancrage. Le relais sert soit pour installer une moulinette, soit pour le rappel, soit pour permettre à la cordée de faire plusieurs longueurs.
Nous allons étudier différents relais :
I Les relais constitués de 2 points « bétons ».
II Les relais en terrains d’aventure.
III Questionnements divers à propos des relais.
IV Bibliographie.
I Les relais constitués de 2 points « bétons » :
A : Les relais chaînés que l’on trouve sur site sportif d’une longueur pour installer une moulinette et sur les voies de plusieurs longueurs sportives pour pouvoir descendre en rappel. Ils sont composés de deux points « bétons »(voir chapitre sur les ancrages) reliés entre eux par une chaîne, celle ci devrait avoir un diamètre des maillons de 8mm minimum.



B : Les relais composés de 2 points « bétons » avec un maillon rapide ou un anneau métallique sur chaque point pour faire coulisser la corde dans les 2 maillons. On les trouvent sur les mêmes sites sportifs que précédemment. Les maillons rapides devrait avoir un diamètre de 8mm minimum. 
C : Les relais composés de 2 points « bétons » seuls. On les trouve dans les voies de plusieurs longueurs souvent bien équipées ( mais pas toujours , certaines voies n’ont que le relais installé).
Sur ces relais la probabilité qu’un point cède est très faible car ils répondent aux normes édictées par la FFME soit 2500daN en cisaillement et 1500daN en traction. Nous pouvons donc les relier sans se soucier de la répartition des forces sur les points.
Assurer depuis un relais chaîné : le plus simple
Mettre un mousqueton large HMS à vis sur le gros maillon rapide du bas.
Ce mousqueton primaire pourra accepter plusieurs mousquetons . Se vacher avec un mousqueton à vis (MAV) soit avec sa longe soit avec sa corde avec un cabestan. Là 2 possibilités :
1 Soit mettre un dégaine de renvoi sur le maillon et assurer comme en moulinette avec le frein sur le baudrier.
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Avantage du système : simple et connu par tous les grimpeurs de voie d’une longueur.
Inconvénients : non auto-bloquant, fatiguant d’avaler le mou et pas pratique si l’on est très prés du relais.
2 Soit fixer sur le mousqueton primaire le système d’assurage (plaquette, Reverso ou similaire ) avec un MAV et mettre la corde du second. 
On peut mettre la plaquette sur une sangle de dégaine pour pouvoir faire un mini balancier pour la débloquer.
Avantages : auto-bloquant, 2 seconds peuvent être assurés, beaucoup plus reposant.
Inconvénients : demande plus de matériel, un peu plus complexe.
Quand le second arrive il peut se vacher sur le mousqueton primaire. Que la cordée soit en réversible ou en leader fixe ne change rien à l’organisation du relais.
Quand le premier repart un point de renvoi sur le point haut du relais peut être installer pour éviter une chute de facteur 2 (ceux ci est valable uniquement sur des points « bétons »).
Il est conseillé de ne rien installer sur les maillons de la chaîne, leur résistance est aléatoire car ni testée et ni normalisée. Si la chaine qui relie les 2 points ne vous semble pas assez solide (trop fine , rouillée) appliquer les méthodes du relais non chaîné.
Assurer depuis un relais « béton » non chaîné
Comme nous l’avons vu plus haut, sur ces relais la probabilité qu’un point cède est très faible, nous pouvons donc les relier sans se soucier de la répartition des forces sur les points.
Trois possibilités :
A) Relier les 2 points avec la corde soit avec des cabestans ou des queues de vache.
B) Avec une corde rappel se vacher avec un brin sur chaque point.
C) Relier les 2 points avec une sangle ou un anneau de corde.
A) Relier les 2 points avec la corde soit avec des cabestans ou des queues de vache 


Avantages : cela demande moins de matériel (pas de sangle), en réversible il n’a pas de modification du relais.
Inconvénients : plus complexe quand la cordée à un leader fixe car il faut changer la liaison entre les points.
B) Avec une corde rappel se vacher avec un brin sur chaque point 
Avantage : l’assureur est équilibré par les brins, cela demande moins de matériel (pas de sangle), en réversible il n’a pas de modification du relais.
Inconvénients : plus complexe quand la cordée à un leader fixe car il faut changer la liaison entre les points, si le point d’ancrage du système d’assurage cède la plaquette subit un choc très important !!! (solution relié les 2 points avec une des cordes).
C) Relier les 2 points avec une sangle ou un anneau de corde
Avantages : Que l’on soit en cordée réversible ou leader fixe il n’y a pas à changer le relais.
on peut économiser un mousqueton en passant la sangle directement dans une broche.
Inconvénients : il faut bien sûr une sangle et la régler pour qu’elle soit tendu entre les 2 points.
En conclusion :
Si vous êtes en leader fixe, il est plus pratique et rapide de relier les points avec des sangles. Bien sûr il faut que les anneaux de corde soit suffisamment résistants (8mm de diamètre minimum) et que les sangles en « dyneema» soit tendu ( résistance faible aux chocs).
Si vous êtes en réversible les trois solutions se valent .
Si un des deux points d’ancrage n’est pas « béton », utiliser les méthodes du relais en terrain d’aventure.
II Relais en terrain d’aventure
Nous considérons que dés que l’un des points d’ancrage du relais n’est pas « béton » nous sommes en terrain d’aventure. Cela veut dire que nous ne sommes pas capable de vérifier la solidité du point mais de seulement l’estimer, ce qui a pour conséquence que l’on doit répartir les forces sur tous les points du relais pour diminuer l’impact d’un choc sur chacun des points. Attention à l’angle que fait la sangle sur le relais, plus l’angle est aiguë plus la force sera faible sur chacun des points, plus l’angle est grand plus la force sur les points est forte, ne pas dépasser 60°.
Il existe plusieurs systèmes de répartition des charges :
1) le relais multi directionnel.
2) le relais mono directionnel.
3) le relais semi directionnel.
1) le relais multi directionnel
Il a beaucoup été utilisé dans le passé, il permet de répartir les charges sur les points quelque soit la direction de la force sur le relais car le mousqueton coulisse librement, ce qui est un avantage. Mais ce système a de gros inconvénients, si un des points lâche l’autre point subit une force de choc importante qui peut l’amener à se rompre !!! Si une pierre tombe et coupe la sangle les grimpeurs ne sont plus retenus !!! Il est donc déconseillé.
2) Le relais mono directionnel



Le mousqueton du bas est fixe ce qui donne une bonne répartition des efforts si l’on reste dans l’axe, mauvaise répartition si la corde vient de travers. Choc faible en cas de rupture d’un ancrage.
C’est un des relais le plus utilisé.
3) Le relais semi directionnel
Le mousqueton du bas est mobile ce qui donne une bonne répartition des efforts même si la corde vient de travers. Les nœuds réduisent le choc en cas de rupture d’un point.
Ce relais peut s’utiliser s’il y a une longueur en traversée.
Danger ne pas utiliser les sangles comme sur ce dessin
Le relais doit aussi résister avec une traction vers le haut (cas où la chute du premier de cordée propulse l’assureur vers le haut ) donc avec les coinceurs le relais doit être contre assurer par le bas.
Le relais peut être réaliser aussi avec sa corde.
Avantages : Quand on a pas de sangles ou quand celles ci sont trop courtes, pas de modification en cordée réversible.
Inconvénients : plus complexe à faire, demande beaucoup de corde libre (problème si on est au relais en bout de corde), très peu pratique avec un leader fixe.
IV Questionnements divers sur les relais
a) Mousqueton à vis ou mousqueton simple ?
Le principe est simple, dés qu’un grimpeur dépend d’un seul mousqueton il faut que celui ci soit à vis (mousqueton central, mousqueton du système d’assurage, vache …), si l’on est sur 2 mousquetons l’on peut utiliser un mousqueton simple. Dans le cas où il manque un mousqueton à vis on peut utiliser 2 mousquetons avec l’ouverture opposée.
b) Vache ou corde ?
Pour se vacher au relais on peut utiliser :
Soit la vache (voir le dossier) rapide surtout avec un groupe mais pas réglable en général.
Soit la corde qui permet avec un cabestan de régler la tension mais le cabestan prend beaucoup de place sur un mousqueton.
On peut aussi utiliser les deux systèmes pour s’équilibrer sur un relais exigu.
c) Quel système assurage au relais ?
Comme on l’a vu on peut utiliser directement sur le baudrier son huit ou son tube avec un point de renvoi (donc non autobloquant) soit une plaquette (gigi kong, new alp).
Un Reverso ou un Piu ancienne génération, avec l’avantage d’être auto-bloquant mais très difficilement débrayable.
Soit le Reverso3 , Piu 2, l’Atc guide ou le toucan, qui en plus offre la possibilité de donner du mou plus ou moins facilement.
Et puis il y a le 1/2cabestan ; nœud qui freine et que les Suisses et les Allemands utilisent beaucoup (même directement sur le relais pour assurer le premier !). Avantages : ne demande qu’un mousqueton HMS à vis, peut être utiliser sur le baudrier sur le relais ou en rappel, fonctionne même avec des cordes gelées (ce qui n’est pas le cas de la plupart des autres freins) l’effet de freinage est garanti quelque soit l’angle d’incidence de la corde de freinage. Inconvénients : non auto-bloquant, vrille les cordes et il faut faire attention au brin de corde qui risque d’ouvrir le mousqueton en s’appuyant sur le doigt.
C’est un très bon système de secours en cas de perte de son frein.
d) 1°point de renvoi sur le relais ?
Comme nous l’avons vu, sur un relais avec 2 points « bétons » cela ne pose pas de problème à par le risque pour l’assureur de se coincer les doigts dans le mousqueton en cas de chute. En terrain d’aventure, il faut bien sûr essayer de mettre un point très prés du relais pour éviter un facteur de chute 2, mais si ce n’est pas possible l’on peut réduire la force choc sur le relais en faisant descendre l’assureur plus bas pour augmenter la longueur de corde disponible en ne mettant qu’une des 2 cordes de rappel (la force de choc maximum autorisé est de 8kn et elle est souvent moindre chez les fabricants, inférieure à 6kn chez Béal par exemple), en passant cette corde dans le mousqueton central et pas sur le point supérieur du relais et en mettant une dégaine absorbeur de choc qui réduit la force choc de 20 à 50% la force de choc suivant les modèles.
Ou la plaquette Slide de Kong. 
Et bien sûr si ce n’est pas dangereux pour le grimpeur en assurant dynamique.
e) relais sur un seul point.
On peut l’envisager sur un point « exceptionnellement » sûr (par exemple gros arbre ou gros bloc rocheux .
Une vidéo de l’ENSA qui bouscule les idées reçues!
V Bibliographie
Guide de la montagne édition Guérin 2007
Escalade s’initier et progresser JP Verdier édition Amphora 1999 , 2013
Escalade en terrain d’aventure Sylvain Conche édition Amphora 2004
Sports de montagne d’été Club Alpin Suisse 2009
Escalade Nicolas Glée , JP Rousselet édition libris 2002, 2013
Manuel d’auto-sauvetage B Ballarin édition FFME 1997
Escalade vers l’autonomie tome 2 cdffme 85 1996
Mémento montagne été UIAA 2013
Catalogue et site de Petzl
Catalogue et site de Kong
Site et Articles JP Borel dans montagne magazine n°258 et 259 2002.
Article de la revue Montagne Magasine n° 406
Document : « Ilots de sécurité » Emanuel Wassermann et Michael Wicky
A consulter pour les notions de physique appliquées à l’escalade une vidéo de EMHM
AVERTISSEMENT : Cet article répondra peut être à certaines de vos questions mais ne vous apprendra pas à grimper dans des grandes voies , si vous êtes débutant , faites vous aider par des grimpeurs compétents et surtout pratiquez.
Patrick Garnier




Les relais Escalroc is a good article. I am about to spend more time researching this topic.
Je n’étais point venu sur Les relais Escalroc auparavant. Voilà qui est chose faite, et personnellement je ne le regrette pas un seul instant !